Mes activités à l'INP me laissent assez peu de temps pour publier ces temps-ci mais voici enfin le dernier volet de ma mini-série d'articles consacrés à l'exposition du patrimoine écrit : après les jalons historiques et les solutions virtuelles, examen de quelques idées piochées dans divers expositions d'archives plus ou moins récentes.
1. Varier les plaisirs :
On reproche trop souvent aux archives leur monotonie qui les rend difficiles à exposer sans ennuyer le visiteur dès la deuxième ou troisième vitrine. Pour y remédier, on peut :
- multiplier, dans la mesure du possible et du sujet de l'expo bien sûr, les types d'objets présentés, y compris dans une même vitrine. L'exposition Marcel Sembat au CHAN en était un très bon exemple même s'il faut dire que le sujet s'y prêtait particulièrement bien. On peut quoi qu'il en soit faire un effort en présentant, par exemple, dans une vitrine biographique des photographies du personnage, une médaille ou un objet lui ayant appartenu (exemple de l'expo Friedlander à l'INHA) ;
- varier la présentation des documents. Les nouveaux matériaux permettent bien des innovations dans la présentation des documents et ce sans dommages pour celui-ci. On peut ainsi limiter la stricte présentation à plat, sous vitrine, par tout un tas de systèmes comme ceux qu'ont mis au point les AN dans leurs expositions (voir notamment ce qui avait été fait pour les chartes ornées). Après avoir vu cela, on a du mal à se satisfaire de la présentation à plat dans les vitrines traditionnelles (cf. exposition sur les sceaux au Musée des Beaux Arts de Lille, automne 2008) ;
- enfin, soigner la scénographie ainsi que l'ont bien compris les AN ou la BnF. Même sans autant de moyens on peut faire un effort comme l'avaient fait les AD du Val-de-Marne lors de leur exposition sur l'histoire de l'internement dans ce département (2007) ;
2. Surmonter les difficultés
Les archives présentent en outre un certain nombre de difficultés d'exposition qui leur sont tout à fait propre : la luminosité doit être limitée, ce qui peut rendre difficile la lecture, la quantité de texte à lire (document lui-même + textes explicatifs) est souvent importante ce qui peut fatiguer le visiteur, le document appartient généralement à un fond, ce qui rend difficile son exposition seul. Ces problèmes sont difficiles à solutionner, mais on peut toujours :
- solutionner les problèmes de lecture trop importante par la publication d'un mini-catalogue qui permet au visiteur de ne lire que ce qu'il souhaite, dans des endroits du parcours éclairés à cette fin et de reprendre sa lecture après l'exposition s'il le souhaite (le moins, c'est bien sûr la question du coût de ce genre d'opération) ;
- éviter à tout prix la surcharge : mieux vaut un seul document mis en contexte et bien présenté qu'une vitrine ou un panneau surchargé comme on en voit encore trop souvent (L'Art du vide, actuellement aux ANMT)
Enfin, pour remédier au problème de la fréquentation, on pourra s'inspirer des réflexions de la Tribune des Archives sur la manière dont les archives font leur publicité.