17/12/08

Carnets Malins n°3 - Réfléchir sur le métier d'archiviste

Pour le Carnet Malin de cette semaine - rassurez-vous, je compte encore écrire de "vrais" billets, mais en ce moment, je ne m'occupe pas beaucoup d'archives ! - quelques pistes pour réfléchir sur le métier d'archiviste, c'est important.

1. Les archivistes
2. Déontologie
3. Témoignages
4. L'articulation public / privé
  • C'est un thème qui fait actuellement débat sur le forum des archivistes. Vous en trouverez des échos et un commentaire ici (blog d'Eric Micaelli)
  • Il est aussi intéressant de lire les offres d'emploi (par exemple sur le site de l'AAF) pour voir ce que les recruteurs attendent des archivistes

5. Et la formation ?

  • Tout ce qu'il faut savoir est ici!

Et j'ajoute ce lien vers le PIAF (merci EusebioPN!) qui ne manquera pas de vous aider à répondre à la fatale question "Et vous, qu'est-ce que vous faites dans la vie ?".

Pour retrouver tous les Carnets Malins, c'est ici.

12/12/08

Carnets Malins n°2 - Un point sur la législation des archives

1. La législation française sur les archives

2. Discussions et débats ayant eu lieu à l'occasion du vote de la loi en 2008

3. Conséquences de la nouvelle législation

  • Les principales nouveautés de la loi sont : la reconnaissance du tiers-archivage pour les archives courantes et intermédiaires à condition que l'organisme soit agrémenté, les nouveaux délais de communication, l'élargissement de la notion de secret jusqu'à l'incommunicabilité, l'entérinement du protocole pour les archives d'hommes politiques, le renforcement de la protection contre les vols et dégradations, l'indépendance des assemblées quant à la gestion de leurs archives, l'obligation d'un rapport gouvernemental tous les 3 ans sur les archives électroniques
  • Tableau bilan des nouveaux délais de communications (source : DAF)

4. L'interprétation de la loi

11/12/08

Carnets Malins n°1 - Les outils de base

Ce premier Carnet Malin est surtout destiné aux personnes qui souhaitent préparer le concours des Conservateurs du Patrimoine en Archives - ce ne sera pas le cas des autres Carnets ! - ou qui veulent commencer à se former en archivistique. Voici donc une présentation minimale de quelques ressources qui me semblent indispensables.

1. Bibliographie et sitographie minimales sur les archives

D'abord, il faut savoir que la bibliographie générale sur les archives n'est pas pléthorique. Pour tout ce qui concerne des questions particulières, je vous renvoie à la bibliographie d'archivistique en ligne sur le site de l'Ecole des chartes. Elle date de 2003 mais il n'est pas très difficile de la mettre à jour.
Voici les références qui me semblent vraiment indispensables :
  • COEURE (Sophie) et DUCLERT (Vincent), Les archives, Paris, La Découverte and Syros, 2001, 124 p.
  • FAVIER (Jean), Les Archives, Paris, P.U.F (Coll. Que-Sais-Je ? n°805)

Deux références pour ceux qui démarrent vraiment.

  • Association des archivistes français, Abrégé d'archivistique : principes et pratiques du métier d'archiviste, Paris, 2007, 315 p.

S'il n'y a qu'un livre à acheter et à lire, ce sera celui-là. C'est une base essentielle qui fait un point clair et intelligent sur toutes les questions techniques du métier et qu'il convient de parfaitement maîtriser. Disponible en ligne sur le site de l'AAF ici.

Indispensable pour compléter certaines questions rapidement traitées par l'abrégé, avoir davantage d'exemples et de points de vue.

Destiné surtout aux professionnels, ce site est néanmoins une mine d'informations sur "le métier en train de se faire". Beaucoup de témoignages à glaner, des pistes sur les questions en cours, etc.

Site officiel de la Direction des Archives de France.

2. Bibliographie minimale sur les questions culturelles

Une bonne connaissance des archives et de l'archivistique n'est pas suffisante pour passer l'oral. Le jury est en effet très sensible à la culture général du candidat. Une culture générale orientée patrimoine, archéologie, MH, histoire, etc. Il est assez difficile de préparer cet aspect des choses mais on trouvera néanmoins des pistes intéressantes dans :

  • JOUANNY (Robert) (dir.), Dictionnaire culturel de la France au XXe siècle, Paris, Belin, 2008, 416 p.

Ce livre a le mérite de faire le point sur bien des sujets culturels qui reviennent fréquemment dans les questions posées par le jury. Il montre en tout cas un certain nombre de pistes à creuser.


2. Veille sur le monde des archives et l'actualité du patrimoine

Ce doit être une étape indispensable dans la préparation car beaucoup de questions sont en lien avec l'actualité patrimoniale et culturelle. Tout cela fait qu'il est bon de mener une veille aussi large que possible. Quelques pistes pour ne pas perdre trop de temps :

Agréable et facile à lire. Permet d'être au courant des expositions en court et des grandes problématiques qui concernent le patrimoine. Beaucoup d'acteurs importants y sont interviewés ou y expriment leurs idées.
  • Archimag (mensuel, le site internet est également à visiter)
Très orienté nouvelles technologies, records management, web 2.0, etc. Sa lecture exhaustive n'est pas indispensable (et parfois ennuyeuse) mais il est bon d'y jeter un oeil de temps à autre pour se tenir au courant.
  • Pages "culture" des grands quotidiens (Le Monde, Libération, Le Figaro, La Croix)
Bien qu'elles ne soient pas forcément simples à filtrer, il est bon de lire la presse généraliste et cela permet d'exercer son esprit critique.
  • Veille en ligne
Je n'alourdirai pas ce billet en faisant une liste des blogs à visiter régulièrement. Je renvoie à deux pages de veille dans lesquelles vous piocherez en fonction de vos attentes : la mienne (uniquement francophone) et celle de l'ADELITAD (plus complète quant aux blogs en espagnol et en anglais). J'essaie également de mettre les liens des articles les plus intéressants que je lis dans la rubrique Brèves.

Carnets Malins n°0 - Présentation

Le blog est bien sûr un outil de publication, néanmoins je le considère aussi comme un outil de travail, une sorte de bloc-notes organisé et développé.

C'est pourquoi j'inaugure aujourd'hui une nouvelle catégorie de billets intitulée

Carnets Malins

Qu'y trouve-t-on ? Des listes de liens, des mémos, des notes rapides et des idées en vrac (tout le contraire d'un billet rédigé donc) sur des sujets précis liés aux archives. Les premiers Carnets Malins seront essentiellement le reflet de la préparation que j'ai effectuée pour le concours des Conservateurs du Patrimoine, mais je compte bien élargir l'horizon et compléter au fur et à mesure! Le but est d'avoir des ressources immédiatement accessibles d'une part et de pouvoir garder en mémoire et en réserve des informations qui pourraient être utiles. Par ailleurs, vu qu'il s'agit de ressources en évolution, n'hésitez pas à actualiser et à compléter en laissant vos commentaires sur les billets.

Je vais tâcher de m'en tenir à un Carnet par semaine, mais je ne promets rien. Enfin, vous trouverez un lien direct vers tous les Carnets Malins dans l'onglet "Ressources" (colonne de droite).

09/12/08

Fin du suspens...

Après la grosse déception de l'an passé et beaucoup de travail dédié à ce concours, je ne résiste pas à vous l'annoncer officiellement : me voilà reçue au concours de Conservateur du patrimoine - 3ème pour la fonction publique d'Etat et 1ère sur liste complémentaire pour la fonction publique territoriale. Je renonce donc au poste de Conservateur des bibliothèques obtenu à l'ENSSIB.
Ce n'est pas tant pour le titre que pour la possibilité de pouvoir me consacrer désormais à ce qui me plaît que je me réjouis. Vous pourrez donc continuer à lire mes aventures ici-même. A bientôt!

08/12/08

L'archiviste vs Google

Il y a quelques jours, je me suis lancée dans une vaste opération d'archivage de mes papiers personnels et documents numériques. Bien sûr, les e-mails n'y ont pas échappé. Pour deux de mes boîtes "vieille méthode", l'opération a été relativement rapide : d'une part parce que, grâce au rangement en dossiers, le tri était globalement fait et, d'autre part, parce que ces boîtes atteignant régulièrement l'"espace de stockage maximal autorisé", leur taille n'était pas démesurée.
Puis je me suis attaquée à ma boîte Gmail où :
  1. Les mails ne sont ni classés en dossiers, ni même taggés : la fonctionnalité n'existe tout simplement pas. En effet, avec un super moteur de recherche interne intégré à la boîte mail, pourquoi s'ennuyer à classer ?
  2. L'espace de stockage est infini (ou se prétend tel), la preuve : j'en utilise à peine 3% et cet espace virtuel ne cesse de s'accroître. Dès lors, pourquoi éliminer l'inutile ? pourquoi classer l'ancien ? pourquoi nettoyer régulièrement ?

Et j'ai été découragée devant cette quantité de vrac. Tout cela est en fait bien représentatif de la philosophie de la firme, juste à l'opposé de la philosophie archivistique. Nous, archivistes, savons bien qu'il est illusoire de prétendre qu'on peut TOUT conserver, en vrac, qu'il s'agisse de papier ou d'électronique. Déjà des milliers d'hectares américains sont couverts de gigantesques entrepôts abritant des milliards de serveurs qui consomment une énergie incroyable : cela n'est pas extensible à l'infini, malgré ce que nous promet Google. Alors que se passera-t-il à la fin de cette fuite en avant : black out ? suppression sans préavis ?

Cela, c'est bien sûr sans compter les autres aspects de la philosophie Google qui me font bondir en tant que citoyenne : allègre violation du droit d'auteur (j'espère que vous avez lu l'article du Monde du 4 décembre sur la mise en ligne des photos du magazine Life par Google), numérisation de masse de tout et n'importe quoi (on se fiche de la description, de la qualité, puisque ce qui compte, c'est le nombre), sans compter la question de la protection des données personnelles à laquelle je n'ose même pas penser. D'ailleurs je me pose une question : qu'est-ce que Google a prévu pour la conservation à moyen et long terme des fichiers de Google Books ? Quid des métadonnées, transfert de supports et obsolescence des formats ? Peut-être que quand ces fichiers disparaîtront, on recommencera la numérisation : heureusement les livres, eux, seront encore là...

Mais je m'égare là. Sur ces réflexions, je vais faire mon geste citoyen : prendre mon courage à deux mains et archiver ma boîte!

PRECISION IMPORTANTE : Nous nous sommes mal compris. Qu'il existe un système de libellés sur Gmail, certes (personnellement je le trouve peu pratique et guère ergonomique, mais passons). Le problème n'est pas là et cela ne change guère le fond de mon billet qui reste parfaitement valable. Ce qui m'inquiète c'est l'espace de stockage - prétendument illimité - proposé et qui n'incite donc ni à l'archivage, ni au tri. Je pense que c'est cette "philosophie" qui est antithétique du souci archivistique et le fait de pouvoir mettre des mots-clés là-dessus ou non n'y change rien. Je sais bien que la question de l'archivage électronique est loin d'avoir trouvé des solutions pérennes et satisfaisantes mais il est un peu dommage que de tels géants ne s'en préoccupent pas.

07/12/08

Carnets Malins - Récapitulatif des liens

Ci-dessous la liste des liens vers tous les Carnets Malins

04/12/08

De quelques expositions vues ici ou là

Nulle envie de vous faire un compte-rendu des expositions vues cette saison (Tissages de gloire à la Galerie des Gobelins, dont j'ai déjà parlé ici-même ; Mantegna au Louvre ; Le mystère et l'éclat à Orsay ; Masques au même endroit ; Upside down et L'esprit Mingei au quai Branly; Mémoire d'avenir aux Archives nationales ; Babar, Harry Potter et cie à la BnF ; Gaston Leroux : de Rouletabille à Chéribibi toujours à la BnF ; La passion à l'oeuvre : Rodin et Freud collectionneurs au musée Rodin) ou à venir (Van Dick au musée Jacquemart-André, Picasso et les maîtres au Grand Palais) mais plutôt un petit jeu du j'aime / j'aime pas en 10 points chacun. Au besoin pour m'en souvenir quand, un jour peut-être, je monterai ma propre expo.

J'aime !

  • Les muséographies originales qui savent rester au service des objets qu'elles présentent (Tissages de gloire (au moins le rez-de-chaussée), Rouletabille à la BnF)
  • Les mini-catalogues qui accompagnent le visiteur et lui permettent de prolonger la visite chez lui (Mémoire d'avenir aux Archives nationales, Friedlander à l'INHA)
  • Les parcours clairs, bien ficelés et didactiques (Mantegna au Louvre, Masques à Orsay)
  • Les éclairages qui mettent en valeur les oeuvres (Le mystère et l'éclat, Orsay)
  • Le mélange des types d'oeuvres présentées (Tissages de gloire, Rouletabille, Mémoire d'avenir)
  • Les cimaises aux belles couleurs vives (Masques à Orsay)
  • Les catalogues soignés, même quand ils sont très (trop) chers (Masques, Le mystère et l'éclat)
  • Les découvertes qui coupent le souffle (le triptyque san Zeno, Mantegna, Louvre ; le bouclier avec le visage de Méduse (Arnold Böcklin), Masques, Orsay)
  • Les expos qui utilisent les nouvelles technologies (exposition virtuelle Harry Potter à la BnF et mini-site de l'expo Van Dick sur lequel on peut préparer sa visite et même télécharger l'audio-guide!)
  • Les médiateurs à disposition du public (Upside down, mais c'est parce que j'y suis allée un dimanche en fin d'après-midi)


J'aime pas !

  • Le manque d'explications, l'absence totale de cartels, pas même une carte pour se repérer (Upside down, quai Branly)
  • Les vitrines sales et/ou poussiéreuses (Masques, Orsay)
  • Les titres aguicheurs et mensongers (où était Harry Potter dans les livres d'enfants à la BnF ? Picasso était bien caché dans Masques à Orsay)
  • Les commentaires stupides des visiteurs ("c'est quand même bien fait" Mantegna, Louvre, "moi aussi je sais dessiner au pastel, c'est pas dur" Le mystère et l'éclat, Orsay)
  • La muséographie qui se prend pour objet esthétique en soi en se fichant éperdument des oeuvres à présenter (Upside down, quai Branly)
  • Les salles fourre-tout qui n'obéissent pas à une vraie logique (Les dernières salles du mystère et l'éclat, Orsay) et les rapprochements prétextes qui servent juste à exposer la collection (La passion à l'oeuvre, musée Rodin)
  • Les éclairages qui empêchent de voir (Upside down remporte la palme toutes catégories)
  • Les prix prohibitifs (Mantegna au Louvre et je ne parle pas de Picasso au Grand Palais)
  • Les expositions qui ne s'adressent qu'aux spécialistes (L'esprit Mingei, Quai Branly)
  • Les gens qui (se) photographient (devant) les oeuvres, même sans flash : à quoi ça sert ? N'importe quelle carte postale sera toujours de meilleure qualité! (Le mystère et l'éclat, Orsay)

Et, si elle veut s'amuser, je passe le relais à miss BS, pour savoir ce qu'on en pense côté musée...

Mise à jour de ma page de veille

Je vous signale la mise à jour de ma page de veille publique "Une veille pour archivistes" (le lien est aussi dans l'onglet "Ressources"). N'hésitez pas à m'apporter vos suggestions pour la compléter!

02/12/08

Exposition "mémoire d'avenir : les archives nationales racontent"

Comme signalé dans un précédent billet, se tient en ce moment au Centre historique des Archives nationales dans le Marais l'exposition "Mémoire d'avenir" qui célèbre le bicentenaire de l'installation des Archives nationales au palais Soubise. Je n'ai pas eu la chance de bénéficier d'une visite guidée par un professionnel mais j'ai tout de même été conquise!

Sur la forme d'abord, je trouve que les AN ont désormais acquis un certain savoir-faire en matière d'exposition et de pédagogie des archives, savoir-faire qui se manifestait déjà dans les deux précédentes très belles expos (Les chartes ornées et Marcel Sambat-Georgette Agutte) et qui est éclatant ici. Bien que le sujet paraisse à première vue vaste et éclectique, le parcours se déroule en fait tout naturellement, selon un fil rouge qui accompagne le visiteur tout au long de l'exposition. Mobilier en bois clair et arrondi, couleurs vives et différentes selon les sections, archives bien exposées et lisibles, éclairage satisfaisant et, surtout, ce mini-catalogue qui évite de surcharger murs et vitrines et permet au visiteur de choisir le dégré d'approfondissement de sa visite (une formule que je trouve particulièrement intelligente). Seul regret pour ma part, je trouve le mobilier un peu trop "bas de gamme" et j'aurais préféré quelque chose d'un tout petit peu plus solennel, même si je pense que ce choix répond probablement au souci de désacraliser les archives. Ah oui, bon point encore pour l'installation extérieure dans la cour du palais et dont je ne vous parlerai pas pour préserver le suspens!

Sur le fond maintenant, le parcours se divise en quatre parties : Que sont les archives nationales ?, Usages et usagers des Archives nationales, Du palais princier à la cité des Archives, Hommes et métiers des Archives nationales. Malgré le foisonnement des documents, l'on ne s'ennuie pas une seconde et le parcours est clair et pédagogique. Les vidéos (interviews, reportages) présentées dans de petites cabines sont particulièrement intéressantes et bien réussies et je mettrai également un bon point à la frise chronologique présentée dans la première salle (il est vrai qu'en période de révision de concours, elle était particulièrement bienvenue pour moi). Deux critiques néanmoins : la première partie est un peu "fourre-tout" même si l'on prend un grand plaisir à découvrir tous ces trésors, la troisième partie est un peu longuette et n'insiste pas suffisamment sur Pierrefitte à mon avis. Cela ne suffit bien sûr pas à gâcher le plaisir, plaisir de découvrir les secrets d'une grande institution, plaisir du document et du goût de l'archive.

Au final, c'est une exposition qui enseigne, se lit agréablement et présente une esthétique claire et au service des documents et tout cela sans céder au spectaculaire : c'est bien ce qui fait sa réussite (je préciserai cette pensée dans mon prochain billet, commentaire de l'exposition Upside down du musée du Quai Branly)! Une très belle exposition donc, que je vous engage vivement à visiter, en prévoyant le temps nécessaire (2h minimum) voire une deuxième visite! Et n'hésitez pas à emmener les néophytes des archives, je vous assure qu'ils en ressortent également passionnés.