19/11/08

Liste des douze journées de commémorations françaises

Ayant eu bien du mal à trouver sur internet la liste des 12 jours de commémorations dont on parle tant en ce moment, je vous donne ci-joint le bilan des mes recherches :
  • Dernier dimanche d'avril : souvenir des déportés de la seconde guerre mondiale (depuis 1954)
  • 8 mai : armistice de la seconde guerre mondiale
  • 10 mai : commémoration de la traite, de l'esclavage et de leur abolition
  • Deuxième dimanche de mai : Jeanne d'Arc (depuis 1920)
  • 8 juin : souvenir des morts pour la France en Indochine
  • 17 juin : hommage à Jean Moulin
  • 18 juin : commémoration de l'appel du général de Gaulle
  • 14 juillet : fête nationale
  • 16 juillet : souvenir des Justes de France
  • 25 septembre : commémoration des Harkis
  • 11 novembre : armistice première guerre mondiale
  • 5 décembre : souvenir des anciens combattants de l'Algérie, du Maroc et de la Tunisie

En gras, les jours fériés.

La liste complète des commémorations 2008 en France ici (site de la Direction des Archives de France, pdf à télécharger).

18/11/08

Blog au repos

Un peu comme les pelouses des jardins publics, mais pour moins longtemps, le blog est au repos! Je prépare en ce moment les oraux du concours de conservateur du patrimoine (archives bien sûr!) et du concours de conservateur de bibliothèques, ce qui me laisse peu de temps pour m'occuper du blog. Mais je reviens dans quinze jours, avec le projet de mettre en ligne le plus possible de mes dossiers de révisions (déjà 0,5 ml accumulés), je vous en reparle très vite!
Et n'oubliez pas qu'a lieu cette semaine le bicentenaire de l'installation des Archives nationales dans le Marais, avec à cette occasion une exposition inaugurée ce soir.
A bientôt!

10/11/08

Toutes les brèves 2008

Les sources du blog

Pourquoi ce blog ?
En tant que jeune archiviste, ce blog est destiné à faire partager mes expériences et mes connaissances sur les archives et plus généralement sur le patrimoine ainsi qu'à mettre à disposition le plus de ressources possible. C'est aussi pour moi le moyen d'amorcer des réflexions sur des sujets particuliers.


Image du titre :
Détail de "Saint-Grégoire et les scribes", plat de reliure en ivoire, 3ème tiers du IXe siècle, Vienne (Autriche), Kunsthistoriches Museum.
Oeuvre présentée à l'exposition Le grand atelier : chemins de l'art en Europe, Ve-XVIIIe siècles, dir. Roland Recht, éd. Actes Sud. Notice II.20, p. 270.


Pergamina :
Une forme de pluriel possible du mot pergamena (charta), le (la feuille de) parchemin, en latin. Le mot vient, selon Littré, de Pergame, ville d'Asie, où l'on fabriqua ce produit, le papyrus y étant devenu rare à la suite d'une guerre entre l'Égypte et le royaume de Pergame. Il s'agit d'une peau d'animal tannée et préparée avec de l'alun afin de permettre la fixation de l'encre. Moins cher que le papyrus, ce fut le support privilégié de l'écrit pendant tout le Moyen Age et encore à l'époque moderne.

Me contacter :



Merci à qui de droit pour la mise en page du site !

07/11/08

Le salon du patrimoine

Si vous ne savez pas quoi faire ce week-end, vous pourrez toujours vous rendre au salon international du patrimoine culturel qui a lieu jusqu'à dimanche. Deux thèmes majeurs pour ce salon : patrimoine & tourisme culturel, patrimoine & mécénat. Les stands sont d'intérêt inégal pour le promeneur car beaucoup sont dédiés aux professionels (en particulier tous les stands liés aux métiers de la restauration des bâtiments, du mobilier, etc.). Cela dit, je pense qu'il y a beaucoup d'informations à glaner ici et là, des idées de visite, de l'actualité sur les projets en cours et des rencontres à faire. Pour ma part, j'ai apprécié de voir développer les problèmes actuels du patrimoine par les acteurs chargés de sa promotion (ce qui change la donne par rapport au point de vue des personnes chargées de sa conservation) : le patrimoine coûte cher, quels moyens concrets pour l'entretenir ? quid du mécénat ? que fait le mécénat ? comment mieux communiquer sur le patrimoine ? comment gérer les flux de touristes ? Surtout, le salon donne une bonne vision des mondes (et ils sont nombreux et variés!) qui gravitent autour de la culture, ce que l'on a parfois tendance à oublier.
Je vous signale également le programme des conférences, plutôt alléchant. Pour avoir assister à l'une d'entre elles, je peux vous dire que le débat est de très bonne tenue. Enfin, pour ceux qui ne pourront pas y aller, vous pourrez trouver quelques échos et interviews sur le blog des journalistes du patrimoine ouvert pour l'occasion.

04/11/08

L'historial Charles de Gaulle au Musée des Invalides

Dernière visite en date : l'historial Charles de Gaulle du Musée des Invalides. Autant le dire d'emblée, je ne sais pas trop qu'en penser. Inauguré en février 2008 sans grande publicité malgré l'ampleur des travaux menés, l'historial n'a pas encore fait à ma connaissance l'objet de critiques, ni journalistiques, ni historiennes.
Côté contenu tout d'abord, il faut bien sûr souligner la performance architecturale du cabinet Moatti qui a creusé en souterrain la cour d'honneur classée Monument Historique, pour donner un bâtiment à la conception originale : un auditorium circulaire autour duquel on circule dans un couloir donnant sur différentes alcôves permettant d'explorer les épisodes de la vie du grand homme. Satisfaisante également la muséographie, facilement lisible, moderne et mettant à la disposition du visiteur maints dispositifs derniers cris.
Car c'est bien là le parti-pris de l'Historial : De Gaulle ayant refusé toute forme de "culte des reliques"1 et de fétichisme de l'objet, l'exposition ne présente aucun objet, aucun document d'archives (au sens restreint du terme), à l'exception de la reproduction de quelques affiches. Uniquement des archives sonores, audiovisuelles et photographiques, éclairées par des interviews d'historiens (d'ailleurs très bien présentées sous forme d'écrans interactifs). Une fausse bonne idée à mon avis car, si le centre peut se vanter de présenter plus de 20 heures d'enregistrement, avouons qu'au bout de 2h, le visiteur ressort saoûl et étourdi de tant d'images et de sons, incapable de tout esprit critique. Personnellement, j'aurais vraiment aimé reposer mes yeux sur quelque "relique" de papier.
Mais ce qui me pose finalement le plus problème dans cet Historial, c'est la question de savoir si l'on se situe ici du côté de l'histoire ou de la mémoire. Vient-on pour apprendre l'histoire (et donc faire un travail de réflexion critique et objectif) ou pour se réunir autour de la mémoire d'un de ces personnages "qui ont fait la France", ciment de la mémoire nationale ? La lecture du dossier de presse n'éclaire pas franchement cette question et renforce plutôt l'ambiguïté d'un projet ni vraiment musée, ni vraiment centre d'interprétation, dont on ne comprend finalement pas bien où il se situe et qui voudrait probablement être un peu des deux. La vocation pédagogique est très affirmée dans ce dossier, tout comme la vocation de transmission du savoir scientifique sur De Gaulle, renvoyant la fonction de mémorial au centre de Colombey, inauguré tout récemment. On ne peut d'ailleurs nier que le discours des historiens est présent dans l'exposition (même si c'est de façon très lisse). Néanmoins, j'ai eu plusieurs fois la sensation d'un discours historique qui dérapait, ambigu si ce n'est simplificateur et parfois à la limite de l'erreur. Ainsi, exemple parmi d'autres, de l'interprétation de mai 68, très contestable à mon avis. Plusieurs éléments sont dans cette veine, éléments qui ne seraient pas (ou moins) contestables si l'historial s'affirmait clairement mémorial. Pour ma part, je trouve véritablement gênant de ne s'affirmer ni l'un ni l'autre et de jouer ainsi sur le fil du rasoir.
Pour conclure tout de même sur une note positive, il ne faut pas nier la grande richesse de cet historial qui permet d'aborder bien des questions de l'histoire contemporaine. Donc, allez-y mais ne laissez pas votre esprit critique s'endormir dans les écouteurs de l'audioguide!
1. p. 17 du dossier de presse